Summer I turned anxiety

Je vous écrivais il y a peu, à quel point j’avais passé un beau printemps. Mais l’été n’a pas commencé du tout de la même manière.

Le 24 juin, lors d’une belle et chaude journée d’été, je me rendais à l’aéroport pour partir faire ma rotation Dublin, Écosse. Il me tardait d’enfin visiter la ville d’Édimbourg. One of my dreams. J’étais partie en avance de chez moi pour m’arrêter à la plage sur le chemin. Je me suis donc garée à dix-neuf heures dans une rue passante, devant une maison baignée de lumière avec une baie vitrée ouverte sur la plage du petit travers à côté de Montpellier. Lorsque je marchais en direction de la plage, une petite voix dans ma tête m’a suggéré l’idée de changer ma voiture de place. Mais, j’avais trop la flemme. Alors j’ai continué mon chemin. J’ai installé ma serviette sur le sable, juste devant la mer, et j’ai glissé mon corps dans l’eau qui était tout simplement divine. Vingt-huit degrés dans l’eau, le soleil qui décline. J’ai passé un joli moment.

À 19h30, j’ai rangé mes affaires et je suis repartie en direction de ma voiture. J’avançais le long de la rue lorsque j’ai aperçu des débris de verre sur le trottoir au niveau de ma fenêtre passager. Ce fut le choc. J’ai immédiatement compris que je n’avais plus de valise. J’ai vu que le sac à main que j’avais caché derrière le siège passager n’y était plus non plus, mais j’avais encore le colis du vinyle de Candice emballé que j’avais récupéré juste avant de partir. J’avais au moins ça.
Ma seule préoccupation, c’était le fait que j’avais perdu mon Pandi qui était dans ma valise… Mon fils, mon doudou, la prunelle de mes yeux. La peluche avec laquelle j’avais fait tous mes plus grands voyages, je l’ai photographiée partout à travers le monde. Il représentait ma relation avec mon petit ami. Il représente énormément dans ma vie.
Le reste de mes affaires, je n’en avais que faire à ce moment-là. Je ne pensais qu’à lui. Une femme m’a prise par les épaules et m’a dit de laisser sortir les larmes, de ne pas retenir mes émotions, autrement j’allais bloquer ce souvenir comme un trauma. Mais le choc était tel, j’avais l’impression d’être en deuil. J’ai même fait ma première grosse crise d’angoisse avec hyperventilation. Impossible de conduire tellement mes mains tremblaient et mon esprit était ailleurs. Je vous épargne les démarches auprès de la police, etc.
Mais sachez que, comme vous vous l’imaginez, ce fut un beau bordel.
Ce que j’ai très vite réalisé également, c’est que je n’allais plus pouvoir travailler. Comme mon métier consiste à voyager, sans papier d’identité, plus de voyage. Et qui dit plus de voyage, dit plus d’argent. Ces enfoirés m’ont mis dans un beau merdier qui allait donner le ton de mon été. Tout ça pour trois commandes Enjoy Tacos.

Je suis restée trois semaines par terre, sans vol. Et j’avoue que je n’en ai pas trop profité pour me la couler douce. Toutes les démarches auprès de mon travail, pour réparer ma voiture, etc. Ça m’a plombé le moral. J’ai commencé à faire pas mal de crises d’angoisse. J’étais dans un bad mood. Je me suis enfermée chez moi à regarder des séries. Et j’en ai vu pas mal : Pour toujours, Sirens, America’s sweethearts, Ginny & Georgia, Summer I Turned Pretty, Nous les menteurs…

J’ai repris le travail le 14 juillet. Au début, c’était un peu dur, j’angoissais pas mal. Tellement de choses merdiques s’enchaînaient dans ma vie et j’avais vraiment besoin de prendre quelques jours encore pour me recentrer sur moi-même. J’ai décidé de travailler sur moi, de comprendre mes émotions et de trouver des moyens de les gérer. Pour ce faire, j’ai attrapé un livre qui traînait depuis pas mal de temps dans ma bibliothèque intitulé « Détox émotionnelle ». Ce livre promettait des clés pour mieux gérer le stress et les angoisses, ce qui était exactement ce dont j’avais besoin. J’ai commencé par m’initier à la respiration ventrale, une technique qui m’a aidé à me relaxer, et j’ai exploré la cohérence cardiaque, une méthode qui permet de synchroniser la respiration avec le rythme cardiaque. Ces pratiques m’ont permis de me reconnecter avec moi-même et de retrouver une certaine paix intérieure, essentielle pour avancer dans ma vie professionnelle et personnelle. J’ai fait quelques sorties avec mes amies et je n’ai pas eu d’autre choix que de me plonger à fond dans le boulot pour essayer de rattraper l’argent qui m’avait échappé.

Alors voilà où j’en suis aujourd’hui. Je viens de terminer une grosse période de onze jours de vols avec seulement deux jours de repos au milieu. Et je prends enfin trois jours de repos dans le mas provençale de la famille de mon amoureux. Je suis actuellement occupé à vous écrire cet article face à une vue magnifique et apaisante de la campagne camarguaise. & ça fait du bien.

Love
S.

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