Séoul

Le 03 août 2023, 10h52 (3h52 en France)
J’écris depuis ma chambre d’hôtel

Je viens enfin de me glisser entre mes draps après cette interminable journée qui a commencé 24h plus tôt.

Revenons sur les dernières 24h…

1h00 : Je pars me coucher en sachant pertinemment que je ne dormirai que trois petites heures.

4h00 : Mon réveil sonne, je ne sais plus qui je suis, ni pourquoi j’ai mis un réveil à une heure si matinale. Mais où suis-je ?

4h45 : Départ pour l’aéroport de Marseille en fanfare, je suis en retard. Je prends l’autoroute pour aller plus vite alors que je déteste ça. Je manque de passer l’arme à gauche car un camion se déporte sur ma voie et que la voie de gauche n’était pas libre. Je ne sais pas comment j’ai réussi a l’éviter mais j’ai réussi c’est l’essentiel. Je pleure dans ma voiture, bien consciente d’avoir frôler la mort.

5h40 : Arrivée à l’aéroport de Marseille. Je me gare à 1km pour ne pas payer le parking. Je suis en retard pour enregistrer mon bagage, il ne me reste que 20 minutes. Je jette mes bagages hors de ma voiture et je cours direction l’aéroport.

6h40 : Sayez j’ai réussi, je suis dans l’avion qui me mènera à l’aéroport de Paris CDG. On décolle.

8h43 : Je récupère mon bagage sur le tapis du terminal 2G et je file prendre le bus qui m’amènera au terminal 2F.

8h55 : J’ai faim, j’avais dit que je ferai le jeûne intermittent jusqu’à 13h mais je ne tiens plus. Je m’arrête à McDo pour commander un egg muffin au bacon.

9h20 : Il ne me reste qu’une heure avant le briefing pour me doucher , enfiler mon uniforme, me coiffer et me maquiller.

10h20 : I did it ! Le briefing commence, je suis même arrivée devant la salle avec 15 minutes d’avance.

10h40 : Départ à l’avion pour effectuer la prévol des équipements de sécurité avant l’arrivé des passagers.

12h45 : L’embarquement est terminé, décollage direction Séoul avec une heure de retard.

07h00 : Arrivée à Séoul à l’heure après 11h15 de vol un peu tumultueuse avec 4 malaises à bord et le stress de savoir que deux passagers avaient oubliés 2 iPads allumés dans leur valise de soute et qu’à tout moment ils pouvaient prendre feu. Ne faites jamais la bêtise de laisser un appareil électronique dans votre valise s’il vous plait. Si un feu se déclare, accéder à la soute sera très difficile voir impossible. Sachez qu’il ne suffit que de 7 minutes pour qu’un avion prenne entièrement feu à partir du moment où le feu se déclare.

Après avoir traversé la douane et tout l’aéroport, je m’installe dans le luxueux bus navette qui me conduira à l’hôtel après 1h30 de trajet. Objectif récupérer ma clé de chambre rapidement, je fais l’impasse sur le petit dej avec les collègues pour aller me réfugier dans ma Chambre. Je suis sauvage, un peu insociable sur les bords. Mais après une si longue journée on me le pardonnera. Tout ceux qui exerce ce métier son un peu solitaire dans l’âme après tout.
La meilleure sensation c’est celle d’enlever son uniforme sale et de se glisser dans un bon bain chaud, mon rituel d’après vol. Et là, j’ère sur les réseaux sociaux, je les écume un par un pour rattraper tout ce qu’il s’est passé ces dernières heures dans vos vies pendant que j’arpentais le ciel du monde.

11h00 : Je suis en train de vous écrire emmitouflée dans mes draps alors qu’il est 4h du matin en France et qu’il y a 24h mon réveil sonnait à peine . Il me semble encore une fois avoir défié le temps. J’ai fais un bon dans le futur.
Il est temps pour moi de dormir quelques heures. À tout à l’heure.


Le 03 août 2023, 17h24 (10h24 en France)

J’ouvre un œil. J’avais mis des réveils toutes les 5 minutes de 15h à 16h mais je ne les ai pas entendu. Je me fais violence pour ne pas me rendormir, je suis épuisée mais je dois résister.
Avec les collègues on appel la journée d’aujourd’hui « la journée qui ne sert à rien ». On reste dans notre chambre d’hôtel pour se remettre de ce long voyage et essayer de se caler au rythme Coréen. Le décalage horaire dans le sens France – Asie peut être assez dure à gérer.
Alors je vais occuper le reste de ma journée en écrivant, en lisant Une année en Provence de Peter Mayle et décider du programme de mes prochains jours en Corée.
Je ne vais pas tarder à commander mon petit déjeuner en room service, celui que je n’ai pas mangé ce matin en arrivant et que j’ai le droit de prendre jusqu’à minuit. Il sera mon seul repas de la journée. Je le dégusterai devant une série Coréenne romantique que j’aurai déniché sur Netflix.

Je vous souhaite une belle journée
PS : Ne faites pas attention aux fautes je les corrigerai plus tard


Le 04 août, 05h23 (22h23 en France)

Ma tentative de me recaler sur le rythme Coréen a échoué. Je me suis endormie deux heures de minuit à 2h du matin et depuis j’ai mangé, lu mon livre et errer sur internet.

En ce moment, il m’arrive très régulièrement de faire des angoisses. J’ai récemment pris conscience du stress qui m’habite avec l’apparition de mon zona il y a 15 jours. Je ne pensais pas être quelqu’un de stressée. Mais l’apparition de cette maladie dans ma vie m’a fait prendre conscience de cette boule qui subsiste dans mon ventre et de la contracture perpétuelle de ma mâchoire qui recommence à me donner des maux de tête. Sans raison particulière. Lorsque j’essaie de dormir je pense à un million de chose. La seule manière de faire taire cette petite voie c’est de lire jusqu’à épuisement, d’écrire ou de mettre en route Morphée, ma petite boîte à bruit de Nature et découverte que je règle pour qu’elle diffuse le bruit d’un orage, il m’apaise. Mais ce matin, à 06h09, aucune de ces solutions ne m’apaise et je n’arrive toujours pas à dormir. Le jetlag et la fatigue exacerbent cet état d’anhédonie où l’esprit n’arrive plus à ressentir d’émotions positive, que du vide et où l’être humain est en incapacité d’avoir envie de faire quelque chose. La culpabilité vient s’ajouter à cela. Je suis à Séoul pour quelques jours, j’ai une chance inouïe, je dois en profiter, me bouger le cul pour aller visiter malgré le fait que je n’ai pratiquement pas dormi depuis le 02 août. Et le cerveau, comme souvent rentre en conflit entre ne rien faire et essayer de dormir en vain ou me lever, contrer la fatigue et aller me mêler à mes collègues, à la foule coréenne, à la vie.


Vendredi 4 août, 18h20 ( 11h20 en France)

Je viens enfin de me glisser sous mes draps. J’ai passé une très belle journée à découvrir Séoul. Mes paupières sont lourdes, je ne peux résister à l’envie de dormir. J’espère dormir au moins douze heures pour rattraper un peu de sommeil.


Samedi 5 août, 03h45 (20h45 en France)

Je n’aurai finalement dormi que jusqu’à 22h07. Réveillée par les ébats de la chambre d’à côté. Seulement trois heures et demie de sommeil à mon actif mais ce n’est pas grave, je me suis faites à l’idée que je ne dormirai pas beaucoup sur cette rotation. Je me rattraperai en France, sur mon matelas Emma.

Revenons sur la journée d’hier qui était très belle ! Je suis contente de m’être fait violence et d’être partie à la découverte de Séoul malgré le manque de sommeil. Accompagnée de deux acolytes que je ne connaissais pas avant le briefing, nous voilà parti à l’aventure.

Un des points positif de ce métier consiste au fait de rencontrer de nouvelles personnes à chaque vol. On ne se connaît pas et pourtant une fois dans l’avion, quelque chose d’indescriptible ce produit. Une synergie se crée presque automatiquement. Motivée par le fait que l’on ne se reverra peut être jamais plus, les collègues se confient sur leur vie personnelle, leurs soucies ou leurs joies du moment. Un vol peut devenir une séance de psy gratuite à 10 000m d’altitude. On y trouve toutes sorte de personnalité.
Étant sauvage, je me lie difficilement à mes collègues, je suis très solitaire. Je dois dire que j’ai surtout appris à l’être avec le temps. En commençant ce métier j’imaginais des équipages entier qui partaient faire les quatre cent coup tous ensemble et qui pleuraient au moment de se dire au revoir à l’arrivée à Paris. La réalité est tout autre. Les différences d’âge, de générations, la fatigue accumulée après des années de métier, les habitudes de chacun ou ceux qui vont retrouver des proches sur place font que je me suis souvent retrouvée seule dès le début de ma carrière. J’ai appris à découvrir le monde seule au fil des années et j’ai fini par m’y habituer. Et parfois, il m’arrive de matcher avec des personnes similaire à mon état d’esprit. Comme ce fut le cas hier.

Exercer ce métier c’est avant tout côtoyer les grandes villes ou les capitales. Elles nous donnent un petit aperçu des us et coutumes mais ce que je préfère, c’est côtoyer la nature, m’enfoncer dans les terres. A mon sens, c’est le meilleur moyen de découvrir une nouvelle culture.

Nous sommes donc parti en direction du Mont Inwangsan’s . C’est une randonnée non loin du centre ville. Surnommé la montagne du Tigre blanc, car le haut du sommet qui culmine à 338m de hauteur est blanc.

Shannen

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